jeudi 25 mars 2021

En sursis

 Il faut débarrasser le nouveau monde de sa présence morbide, de ses relents de fin de race, laisser la place aux nouveaux visages qui méritent la postérité dans ce nouveau monde décidé et créé par les nôtres, ceux la mêmes qui ont décidé de suicider les leurs, quels visages ont-ils ces empereurs frappés de modernité qui décident qui vit et qui meurt dans cette arène toute neuve créée de toute pièce, relayée par leurs médias, empruntant les codes archaïques et si vivaces de populations qu'ils ont été les seuls à mépriser, écraser, au cours des siècles précédents, dont les travers si loués actuellement ont été exactement ceux qui furent l'objet des enjeux d'une lutte séculaire, acharnée et salutaire contre eux mêmes au nom du bien, de l'évolution, du progrès, pour atteindre les cieux pacifiques et humanistes de l'Homme idéalisé, l'Homme bon, idéal touchant et utopiste de l'occidental. Arène sélectivement épurée des plus mauvais sentiments, ceux qui tapissent chaque cellule animale de tout être mais qui ressortent particulièrement chez les plus en prise avec la dure vie, la plus évidente, présents chez les siens, leurs frères de sang, insupportables souvenirs, qui ont-ils décidé d'épargner les nouveaux maîtres auréolés de la générosité made in 21è siècle ? Eux bien sûr, la petite bourgeoisie, la plus grande si elle a consenti à s'aligner, et quels avantages elle a à le faire !, la mondialisation lui appartient, les bénéfices, jouissance à l'abri des conséquences, elle consent sans réserve, les petits, les minables qui se laissent porter par le vent sans scrupules, sans culture, sans attache, leur emboîtent le pas, et le reste, le reste... il n'a qu'à s'adapter, même s'il ne le peut pas. Quel visage ? Celui de la duplicité, du confort qui se voit à la tendance graisseuse et paresseuse de leurs prosélytes, de la fausse décontraction qui se dégage de leurs expressions corporelles, de la démagogie de leurs sentiments, confondue avec la bienveillance et la générosité, nouvel eldorado de l'humanisme actuel ! Ils en sont conscients, ils réfléchissent longuement à la tournure que prendra leur discours mièvre, ils font des brain storming de plusieurs heures, sur plusieurs jours, rien que pour ça.

Ils sont naïfs. ils ne savent pas ou préfèrent ne pas savoir qu'il est inhumain de faire abstraction de la réaction des siens en contact immédiat avec les remugles d'idéalisation, ils n'ont pas leur hauteur pour échapper aux retombées, ils pensent que les leurs, tout petits, tout ramassés sur eux mêmes, sont aussi gâtés qu'eux dans leur tête, qu'ils ont leurs perspectives, qu'ils sont comme eux trop gâtés pour ce qu'ils sont. Ils font une ellipse sur leurs capacités réelles, ils ne savent pas qu'il existe encore des faibles- oh quel vilain mot quand il s'agit des siens ! - des faibles, qui ont leur culture en commun, de fierté, d'ambition, de progrès mais qui n'ont pas leur prétention et leurS privilègeS,  ne le savent-ils pas ? Ils ne leur ont pas dit ! C'est de leur faute alors ! Et la pudeur ? Le sens de l'honneur ? Encore une valeur commune ! Ils ne le diront jamais. Eux, n'aiment pas mendier, pas comme...

Ils ne peuvent pas comme eux, en profiter comme d'un divertissement passager comme on regarde plus belle la vie, les utiliser pour se changer les idées en les écoutant et en les regardant niquer la mère d'untel et enculer machin, casser la monotonie, c'est vrai ça devient chiant la paix, la beauté, il faut un peu de violence et de laideur pour apprécier le calme et la sérénité de sa vie. Eux, les autres; les leurs, ils se les coltinent tout le temps.

Alors stop. Prenez un gigolo particulier parmi vos sources d'excitation momentanées, mais arrêtez le flux, un moment donné ça va vous péter au nez, et ça pue je peux vous le dire. Allez, vous avez bien rigolé stop maintenant.


jeudi 18 avril 2019

 MARS -AVRIL 2009

Il a fallu attendre que MH en fasse un livre pour qu'on en parle un peu. Mais surtout, il a fallu que les hommes le subissent pour inquiéter et indigner l'opinion publique.
L'esthétique comme déterminant de la relation amoureuse. La valeur d'une personne mesurée à son corps.

Un passage lu par AF évoque les conseils prodigués par l'ami d'un des deux protagonistes exhorté à se venger de toutes les déconvenues sexuelles et sentimentales subies pour sa laideur. Vengeance qui prendrait la forme du meurtre d'une femme qui expierait au nom de toutes les infâmes qui l'ont rejeté. Meurtre mais viol aussi. Et la voix d'AF donne force à ce personnage et le commentaire dont il fait suivre sa lecture ne revient pas sur ses intentions criminelles, pourtant le philosophe a comme leitmotiv de relever l'immoralité et la décadence dans toute chose (sûrement à juste titre).
Il serait légitime d'éprouver dans ce cas précis une haine meurtrière pour le sexe opposé et de vouloir lui soutirer par la violence ce qu'il est libre de refuser.
Mais depuis combien de siècles les femmes sont-elles soumises à l'abstinence mais surtout au mépris et à la haine pour leur laideur? le fait d'être un homme changerait-il la donne? pourquoi la femme laide serait programmée pour le rejet et le dégoût et pas l'homme laid? nous n'avons pas les mêmes valeurs...

J'ai remarqué qu'un homme, aussi monstrueux soit-il, en parlant de ses relations malheureuses avec les femmes, précise rarement de quelles femmes il s'agit. Il omet par exemple de dire que ce sont les belles femmes ou au pire, pour reprendre les termes masculins, les "moyennes" qui essuient ses tentatives de drague.
Pour un homme, "belle femme" est un pléonasme; mais alors que deviennent les laides? et comment trouver le courage de haïr celles qui ne font que suivre les mêmes règles que vous?

Il est triste de constater qu'un homme, même laid, est incapable d'envisager une femme laide comme amante potentielle. L'idée de partager sa vie sentimentale et sexuelle ne lui traverse même pas l'esprit ou alors c'est une pensée furtive d'horreur. Il y a un réel refoulement, comme une mauvaise foi inconsciente (je suis gentille).

Pourquoi les femmes seraient coupables de fuir les laids quand elles doivent aussi porter le fardeau de leur laideur? cette hécatombe à l'esthétique est dramatique pour tout le monde mais il n'y a pas de raison de faire payer aux femmes leur émancipation, toute relative par ailleurs.


Je suis née du mauvais côté.

 MARS-AVRIL 2009

J'envie les hommes. L'un de mes plus grands regrets est d'être née du mauvais côté.
Dans le métro je les croise ces quinquagénaires beaux, laids, crétins ou paumés; tous ont l'air complètement immature de ceux qui ont le privilège d'avoir gardé leur âme d'enfant, de l'enfant fier, impressionnable et gâté qu'on a toutes été. Même hideux, ils sont protégés de la néantisation. Quelque soit la façade, on les écoute, ils existent.
Moi, j'ai 22 ans, je ne suis ni meilleure ni moins bonne qu'une autre, je n'ai rien commis de grave et on m'ignore. Je vis dans le désert parce que je ne comble pas les pulsions de mes semblables qui est mon devoir premier; ma vie? : être floutée dans le décor quand on ne me ricane pas au nez.
Eux, ces grands enfants inconscients donc égoïstes, égocentriques vivent dans une légèreté que même le pire des drames ne pourrait totalement altérer. Ils demandent sans cesse à être émerveillés sans même penser qu'ils pourraient donner. Toujours mieux traités que la plus gentille des femmes laides, tout leur est pardonné : crises de colère injustifiées, exigences démesurées, chouinements, ils n'en paraîtront que plus attendrissants. Je peux pleurer, moi, on s'en fout.
On salira jusqu'à ma mémoire; vous n'avez jamais remarqué comme on se fiche de la mort d"une femme laide?

Elles m'énervent ces anciennes filles devenues femmes mûres bonnes pour la casse : elles flattent l'égo des jeunes mâles qu'elles auraient voulu être. Elles vivent leurs joies, leur allégresse, leur gloire par procuration en les complimentant pour se rapprocher d'eux.
J'envie et je méprise l'abnégation de ces femmes qui trouvent la force de vivre en aimant un jeune étalon prometteur. Je les envie dans la rage parce qu'il en faut des capitulations et de la générosité pour en arriver là : il me faudra faire pareil? moi je voudrais passer de l'autre côté, celui des jamais complètement perdants.

vendredi 17 août 2012

Elle est intelligente mais superficielle, l'image compte beaucoup pour elle, les gens sont attirés par elle parce qu'ils voient qu'en plus de son beau physique et de sa classe elle est accessible (incroyable!). A cette fille il lui manque peut-être la maturité et un peu plus de simplicité, de générosité, choses rares dans son milieu assez friqué. C'est là que j'interviens, moi qui n'aie pas beaucoup d'atouts et vers qui personne ne va, je suis raisonnable et à l'écoute. Ca n'intéresse pas grand monde...des gens un peu plus intelligents que la moyenne et un peu tolérants sont les seuls à me voir... et à force de me cotoyer, je déteins sur eux. Et cette fille porte très bien ces qualités, les gens la trouvent merveilleuse, et moi ben, toujours rien...j'aimerais leur dire comme une gamine que j'y suis un peu pour quelque chose dans ses progrès, que c'est un peu grâce à moi qu'elle est magnifiée, mais bon ça ne se fait pas, et je sens que je risquerais de me prendre un retour cinglant ou tout simplement une indifférence totale.
Bref les qualités intérieures sont intéressantes chez les beaux, pour les autres on repassera...alors que faire? il n'y a pas d'issue?

samedi 9 juin 2012

Etre une femme.

 19 AVRIL 2009

Je me demande comment les femmes pourraient passer à côté de la jalousie. Dans la mesure où il n'y a qu'un modèle de femme homologué. Belle, douce, souriante et compatissante. On fait peu cas de sa personnalité pour faire place aux attentes et aux besoins des autres. D'ailleurs, comment peut-on être aimée pour soi-même quand on est une femme étant données les contraintes?
On peut voir la féminité comme une frise chronologique, mais à la place des dates qui vont croissantes on peut y mettre la valeur des femmes qu'on y classe selon des critères esthétiques (surtout) et moraux. Ainsi il n'y a pas différentes sortes de femmes mais différents niveaux de femmes. On les évalue les unes par rapport aux autres et on leur attribue un prix derrière leur dos. Et n'en déplaise à ceux qui s'aveuglent en beuglant sur la relativité de la beauté, c'est toujours la même qui se voit décerner le plus grand chiffre. Plus on recule dans la frise, moins les signes d'attention et d'amour sont nombreux. Les suivantes n'auraient rien si le dépit masculin pour n'avoir pu séduire la lauréate ne venait pas combler la brèche. Alors oui c'est splendide d'être une femme aimée pour sa beauté telle une créature surnaturelle, espèce de chaînon reliant les Hommes et les cieux mais qu'en est-il de la situation des autres femmes? en plus il s'agit d'une gloire éphémère puisque le temps passant, les hommages déclinent...être une femme, c'est un véritable cadeau empoisonné. Un homme ne connaitra pas le même degré de vénération de la part des gens, mais il ne subira jamais le dégoût et le mépris qu'on fait vivre à une femme laide. Il a en plus le privilège de se voir juger sur toute la durée de sa vie : à la fin de l'histoire, il aura gagné ses galons en travaillant et en se rendant un minimum utile.
La masculinité recouvre autant de formes qu'il y a d'hommes. Si un homme ne plaît pas à certaines femmes, soyez sûr qu'il plaira à d'autres puisqu'il est jugé à sa personnalité qu'il a le droit de conserver, lui, et dont le corps n'est que le support. Il pourra chipoter, se choisir la moins laide des prétendantes... Ca a quelque chose de moins bestial, moins commercial, moins fanatique, de moins déshumanisant en somme.

La Mochete

 Début 2009

Je me demande ce qui vaut aux filles laides un tel acharnement de la part des hommes; personne ne les oblige à les épouser, ils n'ont pas à subir les quolibets, la haine et la négligence qu'elles traînent tout au long de leur vie, alors...? contre quoi vient se frotter leur inépuisable rage? le fait qu'ils ne pourraient pas vivre ainsi? leur incapacité à aimer au-delà du confort visuel? et les autres filles...on dirait qu'elles se consolent de n'avoir pas une emprise totale sur les hommes en prolongeant cet acharnement. Cela scinde la population en deux races : les laides et les autres.
Il y a des jours où je me dis que rien ne pourra m'éviter le mépris et l'humiliation, que je sourie ou non, que je regarde les autres ou pas, ils trouveront toujours le moyen de faire de moi une cible, alors tant pis, je sors et je base toute mon espérance sur le moins pire du pire.
J'essaie d'imaginer quel serait mon état d'esprit si j'étais un garçon. Probablement ma vie serait la même mais avec un regard social différent. Ceci dit, j'habite une région indulgente vis à vis de la laideur masculine mais si j'étais amené à me déplacer?
Ma chance autrefois, c'était ma naïveté; je présumais de méchanceté chez presque personne. Avec un sourire sardonique, on m'épargnait et on me "pardonnait". C'est bien de cela qu'il s'agit, je me sentais comme une fautive sous surveillance, comme une rescapée de la geôle qu'on met en sursis.
Après des cargaisons de mauvaises expériences mon regard se teinte instinctivement de méfiance, de rancoeur et de prières de me laisser en paix. Je suis un met de choix pour le narcissique, l'apprenti pervers, le frustré, ou l'autre asocial du coin. Combien y a t-il de narcissiques, d'apprentis pervers, de frustrés et d'asociaux au Km carré et qui au cours de sa journée n'expérimente pas une de ces personnalités? je me demanderai toujours si c'est leur rencontre avec moi qui rend les gens ignoble ou s'ils le sont en permanence mais qu'ils le cachent pour ne pas se faire écraser par plus fort qu'eux. Je me dis parfois que mon angélisme vient de ce que je ne suis pas en posture de mépriser la faiblesse; ce serait me renier purement et simplement. Force est de constater qu'une vie sans pouvoir est un calvaire, le pouvoir même s'il a mauvaise réputation là où je vis (jalousie?) me semble être un moteur non négligeable de la vie.
Je viens de lire un article qui vomit sur les femmes laides, encore un, et je suis si fascinée d'horreur et d'incrédulité à chaque fois que je ne peux pas m'empêcher de lire ce genre de récit. La rédactrice a l'air intelligente et équilibrée et ça lui paraît tout naturel de sanctifier une fille de sa promo en l'appelant "la Mocheté", la majuscule venant ajouter sa pointe de perfidie dans la dénomination de cette personne. Tout un article pour se distancier de ce qui la dégoûte et qui sert à montrer qu'elle n'a rien à voir avec ça. Je me suis alors demandée qui serait en mesure de la raisonner. J'ai pensé à ma prof de philo de terminale. Elle avait tout un tas de préceptes sur le respect, la relation à autrui...et je me suis dis que même elle ne s'indignerait pas. Ce serait l'occasion pour l'insultante très éveillée et l'érudite à l'enthousiasme juvénile de sympathiser. Parce que les Grands ne peuvent pas être en désaccord, leur force en fait des enfants gâtés alors forcément il leur arrive de déraper. Puis comprenons-les, comment pourraient-ils demeurer calmes devant tant de médiocrité? il faut bien que d'une façon ou d'une autre les vannes s'ouvrent parfois. Malheureusement "parfois" s'adresse toujours aux mêmes...ils sont toujours là, ceux qui essaient de se faire oublier, pour recueillir les débordements chiasseux des autres avec l'approbation de tout le monde. Parfois le fort peut regretter. Pour la millième fois la laide par exemple doit passer l'éponge. Toute seule parce que l'autre n'a pas attendu qu'elle accepte de pardonner. C'est tellement évident qu'elle le doit qu'il est parti rejoindre les siens entretemps.
Et quand le fort comprend, s'il comprend un jour, c'est trop tard pour l'amitié. L'exclusion et le mépris à plein temps rendent aigris et demandent plus qu'une simple relation pour que la confiance s'instaure et ils nécessitent un amour exclusif, assez intense pour faire oublier les avanies du passé, du présent et celles à venir. Le fort ne comprend plus, rejeté il proteste et devient haineux envers celui à qui il proposait son "amitié" et qui, en fin de compte pense t-il, mérite bien son isolement. S'il savait ce qu'est vraiment le rejet.
Il y a le fort qui s'en fout toute sa vie; il sait que l'autre demande des soins particuliers alors il l'ignore fièrement pour ne pas traîner de boulets à ses chevilles.

mardi 27 mars 2012

Bien vendre.

Je sais que les gens s'en foutent des problèmes des autres. Ils peuvent voir quelqu'un pleurer de désespoir devant eux, ils réagiront par l'agacement et la plainte. "Allez!! pff". Comme mon problème est abyssal, qu'il demande l'attention de l'univers tout entier pour se calmer un peu, et encore sans garantie de succès à la fin, j'ai préféré le nier. Je fais un déni volontaire afin de ne pas souffrir le martyre en voyant les autres faire éclater leur joie en toute arrogance et désinvolture en face de moi. Et le pire c'est quand ils deviennent des petits anges en voyant quelqu'un qui entre dans leurs codes, quelqu'un qui leur plait pleurer. Il faut bien vendre pour avoir ne serait-ce que du respect pour sa douleur, sinon au mieux on récolte de l'agressivité, au pire ça peut aller très loin question exploitation de sa personne.
J'espère au moins que ça va marcher, que j'arriverai au stade où je ne me sentirai plus comme en état de stress post traumatique, au stade où je serai juste apaisée, une fois dans ma vie.
 
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