Leur mépris est tellement évident, tellement indiscutable qu'il ne se voit plus. Il est si bien ancré dans leur esprit qu'il ne se lit plus sur leur visage.
Le mépris apparaît brutalement envers quelqu'un comme moi parce que je suis un bloc de tares. Avec le temps le mépris mûrit, se fait beaucoup plus discret, on l 'en oublierait presque. En fait il est beaucoup plus cruel à cause du caractère continu et réfléchi qu'il a pris : il n'est plus un sentiment incontrôlable, il est un jugement, une véritable révocation qui se pare de nombreuses certitudes.
Il ressurgit sous sa forme violente et bestiale quand il s'allie à la peur ou à la colère; par exemple, ces vieux amis qui partagent mon temps semblent tout à coup possédés; d'où viennent ce teint écarlate, ces yeux furieux, cette voix menaçante? ils sont méconnaissables...impossible d'imaginer une seconde avoir eu une relation saine et égalitaire avec eux et pourtant c'est bien les mêmes qui m'entourent de leurs soins quotidiennement.
lundi 2 mars 2009
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