19 AVRIL 2009
Je me demande comment les femmes pourraient passer à côté de la jalousie. Dans la mesure où il n'y a qu'un modèle de femme homologué. Belle, douce, souriante et compatissante. On fait peu cas de sa personnalité pour faire place aux attentes et aux besoins des autres. D'ailleurs, comment peut-on être aimée pour soi-même quand on est une femme étant données les contraintes?
On peut voir la féminité comme une frise chronologique, mais à la place des dates qui vont croissantes on peut y mettre la valeur des femmes qu'on y classe selon des critères esthétiques (surtout) et moraux. Ainsi il n'y a pas différentes sortes de femmes mais différents niveaux de femmes. On les évalue les unes par rapport aux autres et on leur attribue un prix derrière leur dos. Et n'en déplaise à ceux qui s'aveuglent en beuglant sur la relativité de la beauté, c'est toujours la même qui se voit décerner le plus grand chiffre. Plus on recule dans la frise, moins les signes d'attention et d'amour sont nombreux. Les suivantes n'auraient rien si le dépit masculin pour n'avoir pu séduire la lauréate ne venait pas combler la brèche. Alors oui c'est splendide d'être une femme aimée pour sa beauté telle une créature surnaturelle, espèce de chaînon reliant les Hommes et les cieux mais qu'en est-il de la situation des autres femmes? en plus il s'agit d'une gloire éphémère puisque le temps passant, les hommages déclinent...être une femme, c'est un véritable cadeau empoisonné. Un homme ne connaitra pas le même degré de vénération de la part des gens, mais il ne subira jamais le dégoût et le mépris qu'on fait vivre à une femme laide. Il a en plus le privilège de se voir juger sur toute la durée de sa vie : à la fin de l'histoire, il aura gagné ses galons en travaillant et en se rendant un minimum utile.
La masculinité recouvre autant de formes qu'il y a d'hommes. Si un homme ne plaît pas à certaines femmes, soyez sûr qu'il plaira à d'autres puisqu'il est jugé à sa personnalité qu'il a le droit de conserver, lui, et dont le corps n'est que le support. Il pourra chipoter, se choisir la moins laide des prétendantes... Ca a quelque chose de moins bestial, moins commercial, moins fanatique, de moins déshumanisant en somme.
samedi 9 juin 2012
La Mochete
Début 2009
Je me demande ce qui vaut aux filles laides un tel acharnement de la part des hommes; personne ne les oblige à les épouser, ils n'ont pas à subir les quolibets, la haine et la négligence qu'elles traînent tout au long de leur vie, alors...? contre quoi vient se frotter leur inépuisable rage? le fait qu'ils ne pourraient pas vivre ainsi? leur incapacité à aimer au-delà du confort visuel? et les autres filles...on dirait qu'elles se consolent de n'avoir pas une emprise totale sur les hommes en prolongeant cet acharnement. Cela scinde la population en deux races : les laides et les autres.
Il y a des jours où je me dis que rien ne pourra m'éviter le mépris et l'humiliation, que je sourie ou non, que je regarde les autres ou pas, ils trouveront toujours le moyen de faire de moi une cible, alors tant pis, je sors et je base toute mon espérance sur le moins pire du pire.
J'essaie d'imaginer quel serait mon état d'esprit si j'étais un garçon. Probablement ma vie serait la même mais avec un regard social différent. Ceci dit, j'habite une région indulgente vis à vis de la laideur masculine mais si j'étais amené à me déplacer?
Ma chance autrefois, c'était ma naïveté; je présumais de méchanceté chez presque personne. Avec un sourire sardonique, on m'épargnait et on me "pardonnait". C'est bien de cela qu'il s'agit, je me sentais comme une fautive sous surveillance, comme une rescapée de la geôle qu'on met en sursis.
Après des cargaisons de mauvaises expériences mon regard se teinte instinctivement de méfiance, de rancoeur et de prières de me laisser en paix. Je suis un met de choix pour le narcissique, l'apprenti pervers, le frustré, ou l'autre asocial du coin. Combien y a t-il de narcissiques, d'apprentis pervers, de frustrés et d'asociaux au Km carré et qui au cours de sa journée n'expérimente pas une de ces personnalités? je me demanderai toujours si c'est leur rencontre avec moi qui rend les gens ignoble ou s'ils le sont en permanence mais qu'ils le cachent pour ne pas se faire écraser par plus fort qu'eux. Je me dis parfois que mon angélisme vient de ce que je ne suis pas en posture de mépriser la faiblesse; ce serait me renier purement et simplement. Force est de constater qu'une vie sans pouvoir est un calvaire, le pouvoir même s'il a mauvaise réputation là où je vis (jalousie?) me semble être un moteur non négligeable de la vie.
Je viens de lire un article qui vomit sur les femmes laides, encore un, et je suis si fascinée d'horreur et d'incrédulité à chaque fois que je ne peux pas m'empêcher de lire ce genre de récit. La rédactrice a l'air intelligente et équilibrée et ça lui paraît tout naturel de sanctifier une fille de sa promo en l'appelant "la Mocheté", la majuscule venant ajouter sa pointe de perfidie dans la dénomination de cette personne. Tout un article pour se distancier de ce qui la dégoûte et qui sert à montrer qu'elle n'a rien à voir avec ça. Je me suis alors demandée qui serait en mesure de la raisonner. J'ai pensé à ma prof de philo de terminale. Elle avait tout un tas de préceptes sur le respect, la relation à autrui...et je me suis dis que même elle ne s'indignerait pas. Ce serait l'occasion pour l'insultante très éveillée et l'érudite à l'enthousiasme juvénile de sympathiser. Parce que les Grands ne peuvent pas être en désaccord, leur force en fait des enfants gâtés alors forcément il leur arrive de déraper. Puis comprenons-les, comment pourraient-ils demeurer calmes devant tant de médiocrité? il faut bien que d'une façon ou d'une autre les vannes s'ouvrent parfois. Malheureusement "parfois" s'adresse toujours aux mêmes...ils sont toujours là, ceux qui essaient de se faire oublier, pour recueillir les débordements chiasseux des autres avec l'approbation de tout le monde. Parfois le fort peut regretter. Pour la millième fois la laide par exemple doit passer l'éponge. Toute seule parce que l'autre n'a pas attendu qu'elle accepte de pardonner. C'est tellement évident qu'elle le doit qu'il est parti rejoindre les siens entretemps.
Et quand le fort comprend, s'il comprend un jour, c'est trop tard pour l'amitié. L'exclusion et le mépris à plein temps rendent aigris et demandent plus qu'une simple relation pour que la confiance s'instaure et ils nécessitent un amour exclusif, assez intense pour faire oublier les avanies du passé, du présent et celles à venir. Le fort ne comprend plus, rejeté il proteste et devient haineux envers celui à qui il proposait son "amitié" et qui, en fin de compte pense t-il, mérite bien son isolement. S'il savait ce qu'est vraiment le rejet.
Il y a le fort qui s'en fout toute sa vie; il sait que l'autre demande des soins particuliers alors il l'ignore fièrement pour ne pas traîner de boulets à ses chevilles.
Je me demande ce qui vaut aux filles laides un tel acharnement de la part des hommes; personne ne les oblige à les épouser, ils n'ont pas à subir les quolibets, la haine et la négligence qu'elles traînent tout au long de leur vie, alors...? contre quoi vient se frotter leur inépuisable rage? le fait qu'ils ne pourraient pas vivre ainsi? leur incapacité à aimer au-delà du confort visuel? et les autres filles...on dirait qu'elles se consolent de n'avoir pas une emprise totale sur les hommes en prolongeant cet acharnement. Cela scinde la population en deux races : les laides et les autres.
Il y a des jours où je me dis que rien ne pourra m'éviter le mépris et l'humiliation, que je sourie ou non, que je regarde les autres ou pas, ils trouveront toujours le moyen de faire de moi une cible, alors tant pis, je sors et je base toute mon espérance sur le moins pire du pire.
J'essaie d'imaginer quel serait mon état d'esprit si j'étais un garçon. Probablement ma vie serait la même mais avec un regard social différent. Ceci dit, j'habite une région indulgente vis à vis de la laideur masculine mais si j'étais amené à me déplacer?
Ma chance autrefois, c'était ma naïveté; je présumais de méchanceté chez presque personne. Avec un sourire sardonique, on m'épargnait et on me "pardonnait". C'est bien de cela qu'il s'agit, je me sentais comme une fautive sous surveillance, comme une rescapée de la geôle qu'on met en sursis.
Après des cargaisons de mauvaises expériences mon regard se teinte instinctivement de méfiance, de rancoeur et de prières de me laisser en paix. Je suis un met de choix pour le narcissique, l'apprenti pervers, le frustré, ou l'autre asocial du coin. Combien y a t-il de narcissiques, d'apprentis pervers, de frustrés et d'asociaux au Km carré et qui au cours de sa journée n'expérimente pas une de ces personnalités? je me demanderai toujours si c'est leur rencontre avec moi qui rend les gens ignoble ou s'ils le sont en permanence mais qu'ils le cachent pour ne pas se faire écraser par plus fort qu'eux. Je me dis parfois que mon angélisme vient de ce que je ne suis pas en posture de mépriser la faiblesse; ce serait me renier purement et simplement. Force est de constater qu'une vie sans pouvoir est un calvaire, le pouvoir même s'il a mauvaise réputation là où je vis (jalousie?) me semble être un moteur non négligeable de la vie.
Je viens de lire un article qui vomit sur les femmes laides, encore un, et je suis si fascinée d'horreur et d'incrédulité à chaque fois que je ne peux pas m'empêcher de lire ce genre de récit. La rédactrice a l'air intelligente et équilibrée et ça lui paraît tout naturel de sanctifier une fille de sa promo en l'appelant "la Mocheté", la majuscule venant ajouter sa pointe de perfidie dans la dénomination de cette personne. Tout un article pour se distancier de ce qui la dégoûte et qui sert à montrer qu'elle n'a rien à voir avec ça. Je me suis alors demandée qui serait en mesure de la raisonner. J'ai pensé à ma prof de philo de terminale. Elle avait tout un tas de préceptes sur le respect, la relation à autrui...et je me suis dis que même elle ne s'indignerait pas. Ce serait l'occasion pour l'insultante très éveillée et l'érudite à l'enthousiasme juvénile de sympathiser. Parce que les Grands ne peuvent pas être en désaccord, leur force en fait des enfants gâtés alors forcément il leur arrive de déraper. Puis comprenons-les, comment pourraient-ils demeurer calmes devant tant de médiocrité? il faut bien que d'une façon ou d'une autre les vannes s'ouvrent parfois. Malheureusement "parfois" s'adresse toujours aux mêmes...ils sont toujours là, ceux qui essaient de se faire oublier, pour recueillir les débordements chiasseux des autres avec l'approbation de tout le monde. Parfois le fort peut regretter. Pour la millième fois la laide par exemple doit passer l'éponge. Toute seule parce que l'autre n'a pas attendu qu'elle accepte de pardonner. C'est tellement évident qu'elle le doit qu'il est parti rejoindre les siens entretemps.
Et quand le fort comprend, s'il comprend un jour, c'est trop tard pour l'amitié. L'exclusion et le mépris à plein temps rendent aigris et demandent plus qu'une simple relation pour que la confiance s'instaure et ils nécessitent un amour exclusif, assez intense pour faire oublier les avanies du passé, du présent et celles à venir. Le fort ne comprend plus, rejeté il proteste et devient haineux envers celui à qui il proposait son "amitié" et qui, en fin de compte pense t-il, mérite bien son isolement. S'il savait ce qu'est vraiment le rejet.
Il y a le fort qui s'en fout toute sa vie; il sait que l'autre demande des soins particuliers alors il l'ignore fièrement pour ne pas traîner de boulets à ses chevilles.
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