vendredi 17 août 2012

Elle est intelligente mais superficielle, l'image compte beaucoup pour elle, les gens sont attirés par elle parce qu'ils voient qu'en plus de son beau physique et de sa classe elle est accessible (incroyable!). A cette fille il lui manque peut-être la maturité et un peu plus de simplicité, de générosité, choses rares dans son milieu assez friqué. C'est là que j'interviens, moi qui n'aie pas beaucoup d'atouts et vers qui personne ne va, je suis raisonnable et à l'écoute. Ca n'intéresse pas grand monde...des gens un peu plus intelligents que la moyenne et un peu tolérants sont les seuls à me voir... et à force de me cotoyer, je déteins sur eux. Et cette fille porte très bien ces qualités, les gens la trouvent merveilleuse, et moi ben, toujours rien...j'aimerais leur dire comme une gamine que j'y suis un peu pour quelque chose dans ses progrès, que c'est un peu grâce à moi qu'elle est magnifiée, mais bon ça ne se fait pas, et je sens que je risquerais de me prendre un retour cinglant ou tout simplement une indifférence totale.
Bref les qualités intérieures sont intéressantes chez les beaux, pour les autres on repassera...alors que faire? il n'y a pas d'issue?

samedi 9 juin 2012

Etre une femme.

 19 AVRIL 2009

Je me demande comment les femmes pourraient passer à côté de la jalousie. Dans la mesure où il n'y a qu'un modèle de femme homologué. Belle, douce, souriante et compatissante. On fait peu cas de sa personnalité pour faire place aux attentes et aux besoins des autres. D'ailleurs, comment peut-on être aimée pour soi-même quand on est une femme étant données les contraintes?
On peut voir la féminité comme une frise chronologique, mais à la place des dates qui vont croissantes on peut y mettre la valeur des femmes qu'on y classe selon des critères esthétiques (surtout) et moraux. Ainsi il n'y a pas différentes sortes de femmes mais différents niveaux de femmes. On les évalue les unes par rapport aux autres et on leur attribue un prix derrière leur dos. Et n'en déplaise à ceux qui s'aveuglent en beuglant sur la relativité de la beauté, c'est toujours la même qui se voit décerner le plus grand chiffre. Plus on recule dans la frise, moins les signes d'attention et d'amour sont nombreux. Les suivantes n'auraient rien si le dépit masculin pour n'avoir pu séduire la lauréate ne venait pas combler la brèche. Alors oui c'est splendide d'être une femme aimée pour sa beauté telle une créature surnaturelle, espèce de chaînon reliant les Hommes et les cieux mais qu'en est-il de la situation des autres femmes? en plus il s'agit d'une gloire éphémère puisque le temps passant, les hommages déclinent...être une femme, c'est un véritable cadeau empoisonné. Un homme ne connaitra pas le même degré de vénération de la part des gens, mais il ne subira jamais le dégoût et le mépris qu'on fait vivre à une femme laide. Il a en plus le privilège de se voir juger sur toute la durée de sa vie : à la fin de l'histoire, il aura gagné ses galons en travaillant et en se rendant un minimum utile.
La masculinité recouvre autant de formes qu'il y a d'hommes. Si un homme ne plaît pas à certaines femmes, soyez sûr qu'il plaira à d'autres puisqu'il est jugé à sa personnalité qu'il a le droit de conserver, lui, et dont le corps n'est que le support. Il pourra chipoter, se choisir la moins laide des prétendantes... Ca a quelque chose de moins bestial, moins commercial, moins fanatique, de moins déshumanisant en somme.

La Mochete

 Début 2009

Je me demande ce qui vaut aux filles laides un tel acharnement de la part des hommes; personne ne les oblige à les épouser, ils n'ont pas à subir les quolibets, la haine et la négligence qu'elles traînent tout au long de leur vie, alors...? contre quoi vient se frotter leur inépuisable rage? le fait qu'ils ne pourraient pas vivre ainsi? leur incapacité à aimer au-delà du confort visuel? et les autres filles...on dirait qu'elles se consolent de n'avoir pas une emprise totale sur les hommes en prolongeant cet acharnement. Cela scinde la population en deux races : les laides et les autres.
Il y a des jours où je me dis que rien ne pourra m'éviter le mépris et l'humiliation, que je sourie ou non, que je regarde les autres ou pas, ils trouveront toujours le moyen de faire de moi une cible, alors tant pis, je sors et je base toute mon espérance sur le moins pire du pire.
J'essaie d'imaginer quel serait mon état d'esprit si j'étais un garçon. Probablement ma vie serait la même mais avec un regard social différent. Ceci dit, j'habite une région indulgente vis à vis de la laideur masculine mais si j'étais amené à me déplacer?
Ma chance autrefois, c'était ma naïveté; je présumais de méchanceté chez presque personne. Avec un sourire sardonique, on m'épargnait et on me "pardonnait". C'est bien de cela qu'il s'agit, je me sentais comme une fautive sous surveillance, comme une rescapée de la geôle qu'on met en sursis.
Après des cargaisons de mauvaises expériences mon regard se teinte instinctivement de méfiance, de rancoeur et de prières de me laisser en paix. Je suis un met de choix pour le narcissique, l'apprenti pervers, le frustré, ou l'autre asocial du coin. Combien y a t-il de narcissiques, d'apprentis pervers, de frustrés et d'asociaux au Km carré et qui au cours de sa journée n'expérimente pas une de ces personnalités? je me demanderai toujours si c'est leur rencontre avec moi qui rend les gens ignoble ou s'ils le sont en permanence mais qu'ils le cachent pour ne pas se faire écraser par plus fort qu'eux. Je me dis parfois que mon angélisme vient de ce que je ne suis pas en posture de mépriser la faiblesse; ce serait me renier purement et simplement. Force est de constater qu'une vie sans pouvoir est un calvaire, le pouvoir même s'il a mauvaise réputation là où je vis (jalousie?) me semble être un moteur non négligeable de la vie.
Je viens de lire un article qui vomit sur les femmes laides, encore un, et je suis si fascinée d'horreur et d'incrédulité à chaque fois que je ne peux pas m'empêcher de lire ce genre de récit. La rédactrice a l'air intelligente et équilibrée et ça lui paraît tout naturel de sanctifier une fille de sa promo en l'appelant "la Mocheté", la majuscule venant ajouter sa pointe de perfidie dans la dénomination de cette personne. Tout un article pour se distancier de ce qui la dégoûte et qui sert à montrer qu'elle n'a rien à voir avec ça. Je me suis alors demandée qui serait en mesure de la raisonner. J'ai pensé à ma prof de philo de terminale. Elle avait tout un tas de préceptes sur le respect, la relation à autrui...et je me suis dis que même elle ne s'indignerait pas. Ce serait l'occasion pour l'insultante très éveillée et l'érudite à l'enthousiasme juvénile de sympathiser. Parce que les Grands ne peuvent pas être en désaccord, leur force en fait des enfants gâtés alors forcément il leur arrive de déraper. Puis comprenons-les, comment pourraient-ils demeurer calmes devant tant de médiocrité? il faut bien que d'une façon ou d'une autre les vannes s'ouvrent parfois. Malheureusement "parfois" s'adresse toujours aux mêmes...ils sont toujours là, ceux qui essaient de se faire oublier, pour recueillir les débordements chiasseux des autres avec l'approbation de tout le monde. Parfois le fort peut regretter. Pour la millième fois la laide par exemple doit passer l'éponge. Toute seule parce que l'autre n'a pas attendu qu'elle accepte de pardonner. C'est tellement évident qu'elle le doit qu'il est parti rejoindre les siens entretemps.
Et quand le fort comprend, s'il comprend un jour, c'est trop tard pour l'amitié. L'exclusion et le mépris à plein temps rendent aigris et demandent plus qu'une simple relation pour que la confiance s'instaure et ils nécessitent un amour exclusif, assez intense pour faire oublier les avanies du passé, du présent et celles à venir. Le fort ne comprend plus, rejeté il proteste et devient haineux envers celui à qui il proposait son "amitié" et qui, en fin de compte pense t-il, mérite bien son isolement. S'il savait ce qu'est vraiment le rejet.
Il y a le fort qui s'en fout toute sa vie; il sait que l'autre demande des soins particuliers alors il l'ignore fièrement pour ne pas traîner de boulets à ses chevilles.

mardi 27 mars 2012

Bien vendre.

Je sais que les gens s'en foutent des problèmes des autres. Ils peuvent voir quelqu'un pleurer de désespoir devant eux, ils réagiront par l'agacement et la plainte. "Allez!! pff". Comme mon problème est abyssal, qu'il demande l'attention de l'univers tout entier pour se calmer un peu, et encore sans garantie de succès à la fin, j'ai préféré le nier. Je fais un déni volontaire afin de ne pas souffrir le martyre en voyant les autres faire éclater leur joie en toute arrogance et désinvolture en face de moi. Et le pire c'est quand ils deviennent des petits anges en voyant quelqu'un qui entre dans leurs codes, quelqu'un qui leur plait pleurer. Il faut bien vendre pour avoir ne serait-ce que du respect pour sa douleur, sinon au mieux on récolte de l'agressivité, au pire ça peut aller très loin question exploitation de sa personne.
J'espère au moins que ça va marcher, que j'arriverai au stade où je ne me sentirai plus comme en état de stress post traumatique, au stade où je serai juste apaisée, une fois dans ma vie.

Un morceau de ma vie...

Je me demande si ma soeur n'est pas la plus chanceuse finalement d'avoir été rejetée par ma mère, bien sûr les remarques et la sécheresse de ma mère n'étaient pas faciles à supporter mais comparé au fait d'être prise au piège d'un chantage, à la vie à la mort, aimes moi pour toujours et n'aimes que moi sinon je meurs une fois pour toute, moi j'aurais voulu choisir...mon père referme le piège en ne s'intéressant pas à moi, ou seulement superficiellement, hypocritement en me faisant des compliments de temps en temps afin que je ne me pose pas de question sur son indifférence au quotidien. C'est seulement quand il voit quelque chose de bizarre se passer du côté de ma mère qu'il commence à sérieusement me prendre en compte, quand elle commence à geindre plus que d'habitude ou plutôt que son humeur désagréable est subitement remplacée par des plaintes enfantines, mêlées de colère et de trépignements, là il panique, il me cherche, il me supplie de retourner avec elle. Pour avoir la paix? pourquoi fait-il ça je ne sais pas exactement, il a peut-être pitié, ou alors c'est pour ne pas perturber l'équilibre familial, ma mère et moi, ma mère et mon père, mon père et ma soeur.
Est-ce une vie de ne pas avoir eu droit à sa propre personnalité? de voir la liberté comme quelque chose de mortel, parce que si je m'éloigne d'elle je suis comme un pantin sans personne qui tire les ficelles, un corps sans âme. Et je ne peux faire confiance à personne, j'ai tellement peur d'être rejetée si je déçois que je préfère fuir la relation... fut un temps je me vengeais par avance de la séparation que j'anticipais, l'autre en prenait plein la poire.
Tout ça pour quoi au final? rien, je n'ai pas eu le parcours scolaire et professionnel escompté, je ne suscite d'admiration chez personne, je me suis enlaidie à cause de la souffrance et pour échapper à ma mère, tout le monde peut constater l'inutilité de tout ça...
Maintenant elle me voit comme une espèce de bouddha à vénérer, du fait de mon isolement, de mon rejet de la vie sociale et professionnelle, elle pense que c'est très honorable et une preuve de ma grande sensibilité et perfection...d'ailleurs elle évolue suivant le cours de ce que je fais et deviens, comme je suis devenue plus gentille et vulnérable, elle est devenue (en apparence) plus maternelle et psychologue...elle se construit suivant ma courbe d'évolution..c'est du vol selon moi..elle n'a jamais été un repère, un allié dans mon enfance, au contraire, son seul rêve était de s'écrouler en moi, et voilà que maintenant je l'aide à devenir meilleure, ou passer pour quelqu'un de bien aux yeux des autres...incroyable...
Dans sa totale admiration, elle n'oublie pas de pester de temps en temps "tu devrais trouver un boulot quand même", elle veut le beurre et l'argent du beurre, je dois être inatteignable pour les autres, ne rien construire en dehors d'elle mais faire en sorte qu'elle n'ait pas à s'inquiéter de mon quotidien et à s'occuper de mes finances...on dira que c'est moi la profiteuse, l'incapable, que je joue sur le moindre problème pour me plaindre et faire la feignante. Au final je ne sais plus qui profite de qui. J'ai peut-être inversé la tendance depuis le temps, volontairement d'une part, ils exploitent ma faiblesse à m'intégrer, je leur renvoie l'ascenseur, il n'y a pas de raison, surtout du fait que je n'ai pas le choix vu l'accueil que me réservent les employeurs, en fait avant je culpabilisais énormément de leur soutien financier, maintenant je m'en fous royalement, ils aiment tellement jouer les bonnes poires victimisées, ils espèrent sans doute un rendement monumental en terme de dépendance.
Je ne sais pas combien de temps ça va durer. J'aimerais trouver des balises sur mon chemin pour avancer, il n'y a rien ou alors c'est trop confus. Quand la nature s'y met, en plus du familial, de la psycho et du social je ne sais pas s'il y a quelque chose à faire.

mercredi 21 mars 2012

Mes mails...

Si quelqu'un lisait les mails que j'écris à mes parents, je passerais pour un monstre à ses yeux. Je n'arrive pas à me défendre en montrant en quoi l'autre est un agresseur, en rappelant tout ce qu'il m'a fait, je ne peux que manifester ma rage dans mes messages, alors c'est moi qui passe pour une furie. Et comme il y a prescription dans les faits que je leur reproche, parce que maintenant je suis une adulte, une grande fille qui devrait être capable de se débrouiller et d'oublier le passé pour aller de l'avant, ça me discrédite encore plus, voire même ça me fait vraiment passer pour une geignarde hystérique qui ne veut pas bouger ses fesses. La prescription elle est pourtant seulement chronologique, au fond, psychologiquement je suis encore très marquée et ce n'est pas fait pour s'effacer de toute façon.
J'aimerais pouvoir changer ma situation, évoluer, pour me prouver et prouver autour de moi, pour peu que ça intéresse quelqu'un, que je ne cherche pas à faire la guerre, à désigner un coupable et à me plaindre pour me complaire dans la facilité, mais comme je n'ai pas les moyens de m'intégrer et de faire ma vie dans la société, et ben ça a l'air de ça...
je vais devenir encore plus coupable qu'eux en apparence, avec mes messages hideux en réponse à leurs gentils mots de parents inquiets et délaissés, bientôt on dira que je suis psychotique et que je fous vraiment la merde...personne n'ira voir plus loin, et même, j'aurai tellement rattrapé voire dépassé leur niveau de violence, tellement je me sens impuissante et frustrée de ne pas me faire comprendre, que même si on avait vent de toute l'histoire, on ne chercherait plus à me comprendre et à m'apaiser, juste à me juger et me sanctionner.
 
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